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DerniĂšre mise Ă  jour : 29 avr. 2020

Comment rĂ©inventer nos pratiques Ă  l’heure du tĂ©lĂ©travail ?


Depuis le dĂ©but du confinement qui a commencĂ© il y a maintenant plus d’un mois et demi, les articles fleurissent sur l’impact du tĂ©lĂ©travail Ă  la fois sur les travailleurs, et sur les Ă©volutions des domaines d'exercice. Dans ce contexte particulier, nous souhaitions vous donner Ă  voir ce que le tĂ©lĂ©travail a changĂ© pour nous, tout en tentant d’en tirer des conclusions plus gĂ©nĂ©rales sur la pratique de l’urbanisme transitoire et de la concertation Ă  l’heure du confinement, mais aussi sur l’aprĂšs.


Nos activitĂ©s portent Ă  la fois sur des actions d’urbanisme transitoire, dans l’espace public comme dans des bĂątiments vacants, mais Ă©galement sur des dĂ©marches de concertation et plus largement d'assistance Ă  maĂźtrise d'usage. Il est Ă©vident que ces domaines, comme beaucoup d’autres, sont particuliĂšrement affectĂ©s par l’impossibilitĂ© d’organiser des Ă©vĂšnements ouverts au public, de travailler sur le terrain au contact de la population. Voici comment les diffĂ©rentes phases de notre travail ont Ă©tĂ© impactĂ©es et les solutions que nous avons choisies.


Diagnostic urbain Ă  distance :

Dans le cadre d’un concours pour un projet de rĂ©novation urbaine portĂ© par un amĂ©nageur dans la pĂ©riphĂ©rie parisienne, nous avons menĂ© un travail de diagnostic sur le territoire du projet. Habituellement, La Belle Friche privilĂ©gie un diagnostic sensible sur site afin de comprendre les ambiances, de recenser les usages et de pouvoir Ă©changer avec les usagers en direct. Tout cela Ă©tant Ă©videmment rendu impossible aujourd’hui, nous avons adaptĂ© notre mĂ©thode en privilĂ©giant tout d’abord le recensement et la prise de contact Ă  distance avec des acteurs locaux grĂące Ă  un travail de veille mĂ©diatique et une prĂ©sence renforcĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux. ConsĂ©quence imprĂ©vue de ce confinement, les personnes contactĂ©es se sont montrĂ©es plus disponibles et Ă  mĂȘme de consacrer du temps Ă  nos Ă©tudes par visioconfĂ©rence ou bien par tĂ©lĂ©phone. Les dĂ©marches d'enquĂȘtes sociologiques fonctionnement donc plutĂŽt bien dans un contexte de confinement et les sujets sont davantage ouverts Ă  l'Ă©change d'informations sur leurs comportements/pratiques. La distance n’a pas non plus empĂȘchĂ© l’utilisation de certains de nos outils habituels : rĂ©cits habitants, cartographie des usages, reprĂ©sentation des cheminements usagers...


Concertation 2.0 :

Nos projets en cours sur le volet concertation ont eux aussi vu leur approche remodelĂ©e. Les plateformes de concertation en ligne, en plein dĂ©veloppement ces derniĂšres annĂ©es (particuliĂšrement suite Ă  l’initiative de la plateforme Decidim dĂ©veloppĂ©e Ă  Barcelone), semblent ĂȘtre un outil pertinent dans ce contexte. Ainsi, la mise en place d’une telle plateforme dans nos projets en cours permet d’engager la dĂ©marche de concertation et de mobilisation avec un effet d’annonce, et de prĂ©parer le terrain par des premiĂšres enquĂȘtes auprĂšs de la population. Nous rĂ©flĂ©chissons Ă©galement Ă  l’utilisation d’autres outils : peut-on imaginer des ateliers de concertation, des formations ou confĂ©rence en webinar ? Cela pose cependant la question des personnes peu ou pas connectĂ©es et du risque d’exclusion d’une partie de la population, qui devra ĂȘtre prise en compte si un tel procĂ©dĂ© devait ĂȘtre mis en place, qui pourrait ĂȘtre pensĂ© en lien avec d’autres outils de concertation (appels tĂ©lĂ©phoniques, courriers
).


Un espace public sans public ?

Si des initiatives de rĂ©appropriation de l’espace public se multiplient aujourd’hui (piĂ©tonnisation et dĂ©veloppement de pistes cyclables entre autres) un effort de prospective s’impose : il semble que les lieux de rencontre et de rassemblements en “intĂ©rieurs” resteront fermĂ©s plus longtemps. Mais l’envie de se retrouver ne disparaĂźt pas, bien au contraire. L’espace public pourrait alors devenir encore plus qu’à l’accoutumĂ©e un espace de rencontres sociales et citoyennes. Evidemment, cela nĂ©cessite une organisation et des amĂ©nagements particuliers, en terme de distanciation physique et de respect de rĂšgles de sĂ©curitĂ© sanitaire. L’article de Vraiment Vraiment est Ă  ce titre Ă©clairant en donnant des pistes de rĂ©flexion sur un espace public capable et adaptable.


“La pression sur l’espace public va ĂȘtre d’autant plus forte que les espaces sociaux “intĂ©rieurs” seront rares : si les lieux culturels, les centres commerciaux, les cafĂ©s, les PMU, restent fermĂ©s, s’il fait particuliĂšrement chaud cet Ă©tĂ© (nous en sommes au 5Ăšme mois d’affilĂ© supĂ©rieur de 5° Ă  la moyenne des 50 annĂ©es prĂ©cĂ©dentes), si les vacances de l’étĂ© sont largement amputĂ©es par la reprise des activitĂ©s Ă©conomiques, l’espace public devra ĂȘtre pensĂ© pour accueillir nos envies de fĂȘte, de spectacle, de jeu, de flĂąnerie.” (Demain (maintenant) l’espace public, Vraiment Vraiment, site web Autrement Autrement, 25/04/2020, https://autrementautrement.com/2020/04/21/demain-maintenant-lespace-public/)



Plus que jamais, il nous semble que l’urbanisme transitoire se prĂ©sente comme piste de solution face aux dĂ©fis actuels ? En effet, les amĂ©nagements temporaires permettent une construction de la ville plus itĂ©rative avec des investissements moins coĂ»teux, en testant des dispositifs rĂ©pondant aux rĂ©centes mesures de sĂ©curitĂ© (mobilier, commerces extĂ©rieurs, pistes de vĂ©lo, terrains de sport individuels). Cette capacitĂ© d’adaptabilitĂ© est donc essentielle Ă  l'aune du contexte incertain dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui.

Notre mission commencée en 2019 qui consiste à animer des terrains sportifs et espaces publics dans un quartier parisien en QPV (Python-Duvernois 20°) par un lieu de vie est ainsi l'opportunité pour nous d'explorer toutes ces pistes. D'autant plus qu'il y a urgence à accompagner les populations vulnérables dans ce contexte de pandémie (retard scolaire, confinement difficile, rejet de l'Etat...).

A suivre...


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